Peinture par Lénaïg

BIENVENUE SUR GOLGA IN A SWIRL

Ce blog, initié par Messieurs V. et O. a pour objet de se pencher plus particulièrement sur des albums que nous possédons, soit en CD, soit en vinyl, et d'en proposer une critique chacun.

Comme nous espérons faire naître - ou renforcer - chez nos visiteurs un intérêt pour les artistes que nous aimons, et non servir de plateforme de téléchargement gratuit, les albums qui font l'objet de nos critiques ne sont pas téléchargeables dans leur intégralité. Un seul morceau est publié pour mettre en appétit...

Les playlists de M. V., ainsi que les morceaux de la semaine de M. O. sont disponibles pour une durée de 1 mois seulement.

Tout ceci est sans prétention, et notre but est de nous faire plaisir, mais si vous croisez notre route, n'hésitez pas à laisser un commentaire, c'est toujours agréable.

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mercredi 23 juin 2010

L'ARTISTE MYSTERE DE M. V.

LA CRITIQUE DE MR.O

Bon, et ben me v'là frais : un album sur lequel je n'ai pas la moindre indication, si on excepte le nombre de pistes. Trio jazz tranquille, dont la "star" (si j'ose dire...) est certainement le pianiste, qui se la joue solo sur 2 morceaux.

Le pire, c'est que je suis certain que je suis censé connaître, même si moi, les pianistes, hein... enfin bon, jouons jusqu'au bout le rôle du candide...

Tout cela est très propre, le son du piano parfaitement clair et cristallin à la Richard Clayderman, la batterie aux balais, très peu de chorus, rien ne dépasse. En gros, notre trio ne ferait pas tâche dans un salon de thé pour grand-mères de la petite bourgeoisie de province, entre serveuses crispées, sièges en velours et crème anglaise. Ambiance...

Les deux premières pistes ressemblent à des arrangements de traditionnels, ou de comptines populaires, et sont construites de la même manière, chaque thème étant temporisé, puis relancé, par quelques accords plaqués. Avec le troisième morceau, on arrive à quelque chose de plus accrocheur rythmiquement, avec un chorus de contrebasse, et quelques gentilles dissonances, mais aussi un pont assez moche dans le genre FM années 80. La piste 04, elle, ressemble à une pavane, ou une complainte espagnole ou brésilienne (ou pas), impression renforcée par un jeu de batterie se rapprochant davantage de percussions feutrées, et par les gammes utilisées sur le solo de piano, qui ne joue d'ailleurs pas du tout la carte de la virtuosité.
Piste #5 : J'ai l'impression de connaître ce morceau, bon sang, mais d'où ? Là aussi, petit rythme latin et là aussi, pont un peu facile, comme sur la 03.
La tonalité décidément orientale se confirme sur le morceau suivant, relancé là aussi par un pont qui ne me plaît qu'à moitié.
La piste #07, interprétée seule au piano, est une sorte de valse tronquée, dans laquelle on retrouve les même influences, qui laisse la place (piste 08) à une adaptation assez improbable de Colchiques dans les prés (??!!)
J'arrête ici la litanie. En fait, cet album auquel on ne peut enlever une certaine élégance, n'offre strictement aucune surprise. Tout se ressemble peu ou prou (sauf les pistes 10 et 11 qui sortent du lot grâce des thèmes songeurs à la vague saveur impressionniste).
Il faut quand même noter le dernier morceau au mauvais goût tout à fait édifiant, entre rythme de batterie ignoble, et riff de piano qui pourrait figurer au générique d'un soap 80, genre feux de l'amour. Très mauvais.

De toute façon, piano/batterie/contrebasse, c'est une formule qui ne me va que rarement, sauf quand on s'appelle Bill Evans, et qu'on a comme copains Scott LaFaro et Paul Motian. Dans l'ensemble, cet album est trop sage, il ne se passe quasiment rien car personne n'ose vraiment, les compos sont faciles, tout comme le jeu, le son du piano est vraiment supermarchesque, et je commence à me demander, Monsieur V., si vous ne vous êtes pas tout simplement foutu de ma g.....

L'ARTISTE MYSTERE EST.......


André Manoukian "Inkala" (blue note 2008) AHAHAH!!!!!!

LES ZICOS

André Manoukian : piano
Laurent Robin : batterie
Ira Coleman : contrebasse (sauf sur 3,5,8 : Pierre Boussaguet)

Donc comme la règle l'exige je doit faire ma critique , pris à mon propre piège? Oui et non, car sur cet album je ne serais pas aussi dur que MR.O mais je resterais impartial et objectif,donc:

01 la fenêtre d'Orient (****) ce titre n'est pas si désagréable
02 inkala (****) il a bien faillit être rouge celui là , un peu trop commercial mais ça passe.
03 ostinata (*) pour le générique de Half
04 pavane persane (*****) pas mal, voir bien
05 square circles (*) pas bon jazz
06 pope song (****) le batteur fait du bon taf'
07 partizan (*) à écouter avec une paille ,un suppo et au lit!
08 colchiques (*) caca.
09 danse gaie (mais un peu triste) (***) sortie de crise?
10 spleen majeur (****) ouf! c'est pas le délire mais ça reste acceptable.
11 armeniamundi (****) piano solo, le p'tit père André s'en sort pas si mal
12 blow! () pas notable ! trop mauvais? allez (*)

CONCLUSION

Donc ici on ne parlera pas de grand disque de jazz bien évidement mais d'une surprise en demie teinte, je n'attendais rien de ce disque et pourtant il ne me paraît pas si insupportable.3,5/6



CRITIQUE DE MR.V POUR L'ALBUM MYSTERE DE MR.O

AHAHAH!!!! Une critique en double aveugle, sans titre et sans pochette, sans date et sans lieu! Bref rien que la musique, sans préjugé.

Donc une fois la critique faite, toutes les infos sur l'album serons dévoilées, mais pour l'instant ce sera:

titre 1 C'est du jazz! cool.Un trio qui sonne "live" avec un sax ténor sec ,une contrebasse grinçante et une batterie efficace; Fin, applaudissements, c'est bien du "live".(ça me fait penser au groupe YES YES YES en plus Americain)(*****)

titre 2 Petit tricot à la batterie pendant que le bassiste se prépare ;bassiste très inspiré par Stanley Clarke, le sax lui chante sa petite chanson pour l'Auvergnat il me semble.On s'ennuie un peu.(****)

titre 3 On se réveille! la batterie très trip hop booste le sax mais bouffe la contrebasse, dommage la prise de son ne suit pas; Mais le public a l'air d'être bien content donc (*****)

tritre 4 Le bassiste est bien labellisé "Stanley Clarke", le batteur assure et le sax ,un peu sage fait le taf' (*****)

titre 5 la première partie du morceau me laisse de marbre, la seconde, plus énervée m'enchante plus, ici chacun montre comment qui joue bien! (****)
trite 6 Un effet sur le sax, seul, c'est le moment du concert ou je vais pisser ou boire un coup!(*)

titre 7 Ah ça va mieux! C'est quoi ? On dirait un titre de Nougaro "je suis sous" ou une marche militaire burlesque, ou un re-make de la famille Adams! c'est pas mal.(****)

titre 8 Morceau jazz trio sans artifice.Bien, mais sans grand relief . (****)

titre 9 Le sax est armé d'un "octaver" et ce petit effet fait son effet sur cette reprise du "requiem pour un con" pas honteux du tout. (****)

tritre 10 Funky insipide année 80 genre morceau caché pas utile; dur dur.(*)

CONCLUSION

Et bien MR.O, je ne sais pas qui se cache derrière ce trio mais pour moi ça mérite un petit 4/6, le son est pour moi trop sec et je ne suis pas charmé tel le serpent! Si j'avais assisté au concert j'aurais probablement trouvé ça très bien !

CRITIQUE DE MONSIEUR O. : OU LE MYSTERE INSOUTENABLE QUI PLANE SUR CET ALBUM EST ENFIN LEVE...














Reggie Washington - Requiem pour un con

Il s'agissait de Reggie Washington - A Lot of Love. Live!, Jammin' Colors, 2006 !!!

Bon, OK, pas évident, de toute façon il ne s'agissait pas de deviner l'artiste, mais bien de critiquer à l'aveugle...

J'avais vu le monsieur en concert lors de la tournée de Jacques Schwartz-Bart pour Soné Ka-La pendant l'hiver 2007-08 au Diapason, à Rennes (très bon concert), suivi de Roy Ayers (concert très médiocre). A la pause, on a pu discuter le bout de gras. Sympa le Reggie !!!

Donc voilà un live, ou plutôt deux lives en un, exécutés par deux trios différents, et malicieusement mélangés pour éviter de trop comparer et pour ne pas rompre la continuité, certainement...

TRIO A(méricain) :

Reggie Washington - contrebasse et basse électrique
Ravi Coltrane - saxophone tenor
Gene Lake - batterie
enregistré en mars 2006 au "Sounds Jazz Club", Bruxelles

TRIO B(elge) :

Reggie Washington - contrebasse et basse électrique
Erwinn Vann - sax ténor
Stéphane Galland (membre d'Aka Moon) - batterie
enregistré en octobre 2005 à "Le Tavernier", Bruxelles

Tracklist :

01 - Reuben's 2 Train (R. Washington) Trio A - 7:18
02 - Mr. Pastorius (M. Miller) Trio B - 5:57
03 - Half Position Woody (R. Washington) Trio B - 5:19
04 - Jade 4 Giada (R. Washington) Trio A - 8:38
05 - Strange Meeting (B. Frisell) Trio A - 9:51
06 - This One (E. Vann) Trio B - 5:10
07 - Ledge (R. Washington) Trio A - 6:48
08 - Fall (W. Shorter) Trio A - 6:18
09 - Requiem pour un con (S. Gainsbourg/M. Colombier) Trio B - 5:48
10 - Fanny's Toy (R. Washington) tout seul, comme un grand - 3:42

Tiens, en moyenne, les morceaux du trio A sont plus longs que ceux du trio B !

Reuben's 2 Train est un groove funky contruit autour d'un ostinato de contrebasse, où on reconnaît le son écorché de Ravi Coltrane, ainsi que son phrasé énergique assez brut qui ne dédaigne pas de s'aventurer dans des circonvolutions aventureuses. Superbe batterie en liberté de Lake, mais qui envoie bien le gloubiboulga sur les passages funky. Notre ami Reggie la joue discret, et son chorus semble un peu fadasse, même s'il y a de l'idée dans la déconstruction. La structure à plusieurs mouvements est bien vue. (*****)

Mr Pastorius, compo de Marcus Miller introduite façon latine aux toms rompt avec l'ambiance de l'original (The Sun Don't Lie, Dreyfus, 1993). La filiation avec le jeu du maître du cool slap n'en ressort que plus frappante, Washington, tout en utilisant ses gimmicks, apportant un vrai plus dans le placement, heurté et flottant mais impeccable, passant des graves aux aigus, du gros lourd au clinquant. Un morceau de bassiste. (******)

Half Position Woody. Bon groove, sur lequel Vann joue plus Coltrane (John) que Coltrane (Ravi). Galland est au top et se pose là comme Grand Maître du Temps. Ca part plus dans tous les sens qu'avec Lake (Europe vs. USA ?), mais la batterie soutient le sax avec beaucoup de disponibilité, et se fait volontiers un chouia dramatique sur le mini solo de contrebasse amenant le thème de fin. Sur une base plus constante, Washington assure en toile de fond, l'air de rien. Bon titre. (******)

Pour Jade 4 Giada, on retrouve notre Washington à la basse électrique en flagrant délit de décortiquage du temps, avec des plans clairement Milleriens, avec sa touche personnelle : jeu en accords mêlés de picking dans les graves. Un rythme super déconstruit, et aussi super propre, avec un Gene Lake impérial, véritable tour de contrôle, et dont le goût à jouer se sent à chaque pêche (génial solo), avec surprises et facéties, s'il vous plaît. Coltrane joue plus le phrasé, purement dans l'esprit impulsé par la basse. Excellent morceau, qui groove sa mère, et même sa grand-mère, tiens ! Coltrane est Ravi, et moi avec ! (******)

Strange Meeting. Un funk nonchalant sur ce morceau de Bill Frisell, entamé aux accords par Washington, qui finit par franchement convaincre en intérimaire de luxe par sa versatilité propre à suppléer une guitare ou une batterie au pied levé, avec une décontraction que personnellement, je trouve assez dégueulasse pour les autres bassistes. Son chorus est un modèle de maîtrise technique, de placement et de sens du motif et de la mélodie. Les autres se mettent en retrait et assurent le coup, avec une batterie qui bastonne sèchement jusqu'au chorus de sax qui enlève le tout et remporte la queue de Mickey, le beurre et le cul de la crémière. Très bon solo de batterie qui nous gratifie d'un petit passage au léger goût de jungle. (******)

Ambiance mystique sur This One, compo de Vann, réverbéré comme pas permis, dans un esprit à la Jan Garbarek, à deux doigts du Grand Bleu. Ca pourrait être chiant, mais l'accompagnement de Washington (super son) apporte une valeur ajoutée qui change sérieusement la donne. La reprise à l'unisson du thème assure. Monsieur V., qui est allé pisser, a tout manqué, tant pis pour lui. (****)

Ledge, moi, me fait penser à Screaming Jay Hawkins (I Put a Spell on You). C'est rigolo comme pseudo-valse avinée, notamment rythmiquement ; c'est bien joué, bien sûr, mais en ce qui me concerne, ça ne casse pas trois pattes à un canard. (***)

Je ne suis pas un grand fan du Fall de Wayne Shorter (Miles Davis, Nefertiti, Columbia, 1968), et ce n'est pas cette version qui va me faire changer d'avis. Comme Monsieur V. est enfin revenu des toilettes, il va pouvoir tenir mon verre de Coca pendant que je m'absente à mon tour. (***)

Stéphane Galland ouvre cette reprise de Gainsbarre à grands fracas. Génial ! Et quand tout le monde entre en scène, c'est pour confirmer ce que je disais plus haut (j'aime bien m'auto-citer) : la basse se transforme en guitare rythmique funky ! L'effet d'octaver sur le sax donne un genre de vrombissement du plus bel effet (super chorus de Vann, dans le style funky savant, multipliant chausse-trapes rythmiques et happenings moites). L'ami Reggie fait glouglouter sa basse de plaisir. (******)

Pour Fanny's Toy, je pense qu'on a pas dû écouter le même morceau, Monsieur V. et moi. Armé d'un Mu-tron entêté façon bulles de savon, Reggie Washington nous fait groover ce petit riddim overdubbé (tiens, ça me rappelle une certaine critique récente, ce genre de plan...), avec de très bons plans d'impro relâchés, dont un qui fait penser au Habañera du Carmen de Bizet, additionnés de quelques cascades à fond les ballons. (******)

CONCLU

Un sobre 5,5/6. Si ça te chante, M'sieur Washington, viens r'faire un p'tit concert dans l'coin : y fait beau, et on se fera un barbecue, c'est Monsieur V. qui régale !!!

lundi 12 avril 2010

THE EJE THELIN GROUP














The Eje Thelin Group - Little Green Men

The Eje Thelin Group - S/T, Caprice, 1975

Le groupe :
Eje Thelin (1938-1990) - Trombone
Bruno Raberg - Basse / contrebasse
Harald Svensson - Piano
Leroy Lowe - Batterie

Enregistré aux studios Metronome, Stockholm , du 11 au 13 décembre 1974

FACE A
A1. There is Something Rotten in Denmark (E. Thelin)
A2. Yorkshire Grey (John Surman)
A3. Little Green Men (Thelin)
FACE B
B1. Time (Thelin)
B2. Polyglot - Sixtynine - Capricorn (Thelin)
B3. Solo V - Capricorn (Thelin)

Voici un groupe composé de gloires nationales : Eje Thelin a joué entre autres avec Don Cherry, Barney Wilen, Joachim Kühn, Didier Lockwood. Bruno Raberg, venant du rock à l'origine, s'est illustré aux côtés de Jerry Bergonzi, Bob Moses, Mick Goodrick, Bobo Stenson, et enseigne aujourd'hui à la prestigieuse Berklee College of Music de Boston. Harald Svensson s'est fait connaître du public suédois avec son groupe de fusion EGBA, et Leroy Lowe a accompagné en tournée Otis Redding, avant de s'établir en Suède, où il a joué pour plusieurs jazzmen américains lors de concerts (Dexter Gordon, Ben Webster, etc.)
Eje Thelin était déjà bien connu avant cet album, et avait enregistré plusieurs disques sous son nom. Celui-ci est le premier avec cette configuration, et s'est vu décerner un Golden Record Award par le vénérable magazine de jazz suédois Orkester Journalen.

There Is Something Rotten in Denmark (*****). Le titre est une référence non-explicitée au Hamlet de Shakespeare (décidément, les Suédois semblent avoir une dent envers le Danemark : Ragnarök, eux, voulaient fuir Copenhague !). Dès le début de l'album, Thelin se distingue par un jeu très free (il a souvent été noté pour son utilisation des "sheets of sound" coltraniennes, ces superpositions d'arpèges jouées en cascades d'une énergie incroyable), rythmiquement dense, avec quand même quelques relents bop dans le phrasé. Son son est très feutré, et si on n'aime le trombone que cuivré, on passera son chemin. Après une intro-solo de Thelin, soutenu par la batterie, le reste du groupe déboule à fond la caisse. Svensson au piano s'en donne à coeur joie et, quand le morceau fait une pause, nous montre bien sa formation classique, mais sans oublier le groove sur le chorus qui s'ensuit. Thelin revient pour une sorte de thème improvisé. Du free oui, mais du free très abordable.

Yorkshire Grey (*****), une compo de John Surman, un ami de Thelin, est loin de l'atmosphère morose que le titre semble suggérer. Un très court "thème" lance un très long solo de batterie, qui constitue l'essentiel du morceau et parvient à intéresser, avec plusieurs mouvements et ambiances. Puis le groupe revient pour un autre très court thème, qui n'a rien à voir avec le premier. On se croit un peu chez Gary Burton/Steve Swallow.

Little Green Men (******) est un morceau plus complexe, qui débute avec Raberg à la basse électrique dans un esprit groove à la Pastorius, avec harmoniques et toute la panoplie. On enchaîne avec un long passage modal, qui ne serait pas sans rappeler du Miles Davis, si ce n'était le jeu de Svensson. Thelin montre sa capacité à former de belles phrases assez touchantes. L'air de rien, l'ostinato de basse se muscle, et la sauce monte petit à petit, avant de créer un gros appel d'air où s'engouffre Svensson, qui nous fait à nouveau profiter de ses acrobaties Satie-esques, et se glisse dans un motif syncopé bien groovy, qui n'est pas dénué d'un petit côté trad. Les autres, jaloux, le rejoignent (super basse !), avant de se retrouver sur un thème provisoire bien dissonant, qui à son tour se mue en une résolution toute de douceur. Bravo, les gars !!! Quelle agilité !

Time (******) débute la face suivante, avec un long et mortel passage au piano électrique. Le jeu, à nouveau fortement influencé par le classique, ainsi que les associations d'idées ne manquent pas d'évoquer Keith Jarrett. Thelin entre pour un long chorus et prouve sa science consommée du rythme. Tout à coup, sans crier gare, sur un bref appel de trombone, le morceau s'enflamme. Raberg sort de sa torpeur et Svensson à mis une wah wah SUR SON CLAVIER !!! Holy shit, Batman! Le réveil est de courte durée, et tout le monde revient bien vite à ses jolis moutons soyeux. Le "single" de l'album (?!!?), sans aucun doute...

Polyglot/Sixtynine/Capricorn (***) est un morceau en trois parties pas forcément TRES distinctes, mais qui pourrait s'enchaîner avec le suivant. Polyglot sera d'ailleurs le titre d'un des albums de Thelin postérieurs (Caprice, 1981). Le morceau commence de manière assez conventionnelle, voire même un peu rasoir. L'appel qui lance le chorus de piano est lui par contre saisissant et bienvenu. On est là dans le free le plus total, mais ce n'est pas inconfortable pour autant. Thelin vient mettre son grain de sel. Le thème de fin, Capricorn, qui de par son titre ancre d'ailleurs bien le morceau dans le free jazz et sa fascination pour l'astrologie, est bien vu.

Solo V/Capricorn (******). Excellentisssssssime solo de trombone, où Thelin expérimente sur les sonorités, évoquant tour à tour une congrégation de lamas tibétains ("quand Thelin pas content, lui toujours faire ainsi") ou une tondeuse à gazon en pleine crise de blues, et joue même de petits "accords" de deux notes en même temps, qui ponctuent le côté assez lâche du solo et lui donne une bonne touche funky. Nouvelle attaque de Capricorn, et s'en va... On applaudit, Messieurs, Dames !!!

CONCLUSION

Un très bon disque, intelligent et virtuose. Même si l'ensemble peut sembler parfois assez froid, on ne peut que se laisser emballer pour peu qu'on écoute VRAIMENT, car il se passe vraiment plein de choses. En "musique de fond", cet album serait tout bonnement insupportable (sauf Time, peut-être, et encore...). C'est un 5/6 !

A écouter aussi :

Raberg/Svensson/Lowe - Tractus, Amigo, 1976
Mangelsdorff/Dauner/Gomez/Jones -
A Jazz Tune I Hope, MPS, 1978

LA CRITIQUE DE MR.V

There Is Something Rotten in Denmark (*****) morceau avec un début trombone qui rentre bien dans le lard suivit d'un piano bien inspiré.....,ça commence bien!

Yorkshire Grey (*****) après une courte intro : solo de batterie! fallait oser!et ça repart avec du rhodes et toute la smala, moi je ne me suis pas emmerdé.

Little Green Men (******) voici sans nul doute le meilleur titre de l'album avec une intro basse bien grasse faisant sonner les harmoniques et nous propulsant tranquillement vers un autre horizon trés spiritual jazz , ce morceau à lui seul mérite qu'on ce hâte de partir à sa quête!piano toujours hyper inspiré avec un putain groove de basse!! fin avec respiration du trombone : mortel.

Time (******) tout ce déroule pour le mieux , le rhodes est parfait et on s'installe bien tranquille dans ce beau morceau mais tout d'un coup un groove d'enfer viens me sortir de ma rêverie ; c'est tout bon

Polyglot/Sixtynine/Capricorn (*****) morceau un peu four- tout mais bien exécuté .

Solo V/Capricorn (******) yeah! voila tout ce qu'on peu faire avec un trombone, la classe!

CONCLUSION 

Un bon 6/6 et voilà !

mercredi 3 février 2010

DAVE HOLLAND QUINTET - POINTS OF VIEW














Dave Holland Quintet - Bedouin Trail

Dave Holland (né en Angleterre en 1946)

ECM, 1998

Robin Eubanks - Trombone
Steve Wilson - Saxophones soprano & alto
Steve Nelson - Vibraphone & marimba
Billy Kilson - Batterie
Dave Holland - Contrebasse

1. The Balance ( D. Holland) 9:18
2. Mr B. (D. Holland) 10:54
3. Bedouin Trail (D. Holland) 8:48
4. Metamorphos (R. Eubanks) 8:23
5. Ario (D. Holland) 10:17
6. Herbaceous (D. Holland) 9:40
7. The Benevolent One (S. Wilson) 6:59
8. Serenade (S. Nelson) 6:49

LA CRITIQUE DE MONSIEUR O

Excellent album, bénéficiant d'un son superbe et soigné, bien qu'un peu froid (ECM, cqfd), à l'image de la pochette. Tout le monde y va de sa composition, mais l'ensemble reste très homogène : un jazz atmosphérique à forte puissance évocatrice, qui prend son temps, mais ne s'interdit pas un peu de sueur de temps à autre. La présence de Steve Nelson aux vibraphone et marimba est pour beaucoup dans la couleur des morceaux, et l'association trombone-sax est exploitée à fond avec des arrangements toujours très recherchés harmoniquement, et jamais paresseux, qui prouvent une fois de plus l'art consommé de l'arrangement de Holland, encore plus manifeste dans ses albums pour grosses formations (cf. écoutes recommandées). On se prend parfois à penser aux interventions semi-humoristiques "tongue-in-cheek" de Carla Bley (les riffs sur Mr. B. , notamment). Le duo vogue de nappes dentelée d'une finesse extrême (Bedouin Trail, The Benevolent One) en pêches mordantes (Metamorphos).
Du coup, Holland-bassiste reste un peu en retrait au profit de Holland-compositeur, bien qu'il ne se prive pas d'envoyer parfois le bisteck (fantastique intro "soulful" sur Metamorphos).
Les musiciens sont tous excellents et l'album est ponctué de moments de grâce (le solo de trombone sur Ario, la fin du chorus de sax sur Mr. B., ...)
Ceci dit, le joyau du disque reste pour moi Bedouin Trail, sorte de marche animale un peu solennelle : le morceau débute par un appel lancé par le trombone dans un silence total, dont le solo nous amène en douceur vers le thème en harmonie avec le sax (à pleurer !!!). Le reste est de la même eau, mais jugez par vous-même.
A noter également : Serenade, tranquille morceau au marimba qui fait rêver à une douce soirée antillaise face à la mer, pour clore l'album avec sérénité et plénitude.
Mention spéciale à Billy Kilson qui travaille infatigablement à relancer, ponctuer, souligner, surprendre, avec beaucoup d'abnégation et sans jamais être lourd : fabuleux.

En résumé, c'est un 6/6

01. The Balance (******)
02. Mr. B. (******)
03. Bedouin Trail (******)
04. Metamorphos (*****)
05. Ario (******)
06. Herbaceous (*****)
07. The Benevolent One (*****)
08. Serenade (******)

A écouter aussi :

Dave Holland Quintet - Prime Directive, ECM, 1999
Dave Holland Big Band - What Goes Around, ECM, 2002
Julien Lourau - Groove Gang, Label Bleu, 1995

LA CRITIQUE DE MR.V

Il est 5H30 du mat' , les poubelles sont à mettre dehors et les chiens, pendant que je cherche les clefs pour les faire sortir, se mettent à pisser à l'intérieur! Enervé...plus question d'aller se recoucher ,je prends les casques pour me mettre Dave Holland " point of view " (ECM 1663);bassiste/contrebassiste/compositeur qui perdure depuis 1971 chez ECM avec 2 escapades chez Improvising artists ,sans fausse note! Allons-y et voyons ou il en est après toutes ces années le père Holland !
5H30 du mat' j'ai des frissons. " the balance " avec son ouverture basse/sax/trombone rapidement rejoints par le vibraphone et la batterie dans une douceur exquise ; puis le thème arrive , bien solide , la mayo a déjà pris et je me laisse prendre moi aussi , batteur percutant et thème final me faisant oublier l'épisode des chiens qui eux se sont recouchés paisiblement.
" Mr.B " walking de contrebasse , sax en volute , nappe de vibra en appui; bref,un jazz propre sur lui!
" Bebouin trail " une ouverture trombone qui se glisse " like a jungle cat " dans cet univers musical d' une douce volupté ECMiéne . J'adore!
"metamorphos " titre bien exécuté avec des saccades de caisse claire qui me font sortir de mon voyage chez les bédouins.
" Ario " super titre avec une progression batterie survoltée et thème lent : magnificus vibraphonus finalus!
" Herbaceous " sur ce titre Steve Nelson montre à Dave Holland qu'il sait bien en jouer du vibra , du coup tout le monde veut lui montrer que: eux aussi ils assurent! Dave leur répond "ok les gars ,vous buttez tous grave , mais écoutez donc ça! "... solo de contrebasse mortel, batteur vexé qui explose et balance tout; réunion finale , tout le monde il est content car tout le monde il joue super bien!
" the benevolent one " mon morceau préféré , celui qui me rapproche le plus de mon amour inconditionnel pour ECM , j'aime à 100% cette douceur sonore qui vous porte dans les nuages et vous lave de tout.
" Serenade " humour peut-être ! dommage de terminer ainsi ; mais ça n'engage que moi!

CONCLUSION

Un album qui mérite une écoute au calme et avec casque dans votre fauteuil à vous rien qu'à vous!
the balance (******)
Mr.B (*****)
Bedouin trail (******)
metamorphos (****)
Ario (*****)
Herbaceous (*****)
The benevolent one (******)
Serenade (***)

C'est un 5/6 Monsieur!

A écouter aussi de toute urgence!!!!

Conférence of the birds (******) (1973)
Gateway (******) (1975) (John Abercrombie)
Gateway 2 (******) (1977) (John Abercrombie)
Emerald tears (*****) (1977)
Life cycle (*****) (1982) (seul à la contrebasse)