Peinture par Lénaïg

BIENVENUE SUR GOLGA IN A SWIRL

Ce blog, initié par Messieurs V. et O. a pour objet de se pencher plus particulièrement sur des albums que nous possédons, soit en CD, soit en vinyl, et d'en proposer une critique chacun.

Comme nous espérons faire naître - ou renforcer - chez nos visiteurs un intérêt pour les artistes que nous aimons, et non servir de plateforme de téléchargement gratuit, les albums qui font l'objet de nos critiques ne sont pas téléchargeables dans leur intégralité. Un seul morceau est publié pour mettre en appétit...

Les playlists de M. V., ainsi que les morceaux de la semaine de M. O. sont disponibles pour une durée de 1 mois seulement.

Tout ceci est sans prétention, et notre but est de nous faire plaisir, mais si vous croisez notre route, n'hésitez pas à laisser un commentaire, c'est toujours agréable.

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jeudi 13 mai 2010

DR.KNOCK - SAME

Dr. knock

Dr Knock - drth

DR.KNOCK - same (chief inspector 2003) (France)
Leur unique album pour le moment.

LES ZICOS

Xavier Bornens (trompette,bugle)
Olivier Py (saxo tenor et soprano)
Manu Codjia (guitare)
Matthieu Jerôme (fender rhodes)
Jean-Philippe Morel (contrebasse et arrangements)
Philippe Gleizes (batterie)

LA CRITIQUE DE MR.V

01 drth (4.00) (******)
02 sans relâche, jamais tranquille part 1 (5.17) (******)
03 sans relâche, jamais tranquille part 2 (9.34) (******)
04 stravink sky or piszt part 1 (6.32) (******)
05 stravink sky or piszt part 2 (8.49) (******)
06 stravink sky or piszt part 3 (4.19) (******)
07 guernica (13.38) (contrebasse mortelle) (******)
08 Mr.Tom (11.24) (******)
09 Etrange tourbillon part 1 (10.21) (******)
10 Etrange tourbillon part 2 (3.56) (******)

J'ai vu ces lascars le 25 aout 2006 au festival de Malguenac (non loin de Pontivy dans le Morbihan),et quel souvenir!! Une première partie de Soft machine, une soirée grandiose.

Après ce concert fantastique j'ai foncé au stand "marchandising"pour chopper la galette du Dr.knock et débuter ma collection "chief inspector"! ouf y en a ,je paye ,il est a moi! en espérant que la magie du concert est été captée dans ce petit bout de plastique insipide qu'est le CD.

Donc critique difficile car chaque morceau est imbriqué dans le suivant et lui donne le pas et celui-ci reçois lui même le coup de pied au derrière de tous les précédents !!
Donc critique globale!

Tous les zicos assurent grave et l'album s'écoute et s'impose comme un concert venu à vous par le plus grand des hasards et vous laisse la bouche ouverte et les yeux pétillants!
Il y a de la rigueur et de la folie Zappienne! Merci Mr.Inspector vous êtes le chef moi j'deviens tout Knock.

CONCLUSION

Est-il besoin de préciser le 6/6 bien mérité!

A ECOUTER AUSSI

Octurn - 21 emanations (yolk 2006)
Médéric Collignon jus de bocse - shagri tunkashi-la (plus loin music 2010)
Andy Emler megaoctet - crouch ,touch , engage (naïve 2009)
Kristian Schultze set - recreation (tempo 1972)
Frank Zappa & th Mothers - le grand wazoo (reprise 1972)

LA CRITIQUE DE MONSIEUR O.

Cet album est pour moi une vraie découverte, ne connaissant - et encore, très superficiellement - que l'excellent Manu Codjia pour ses collaborations avec Erik Truffaz. En tout cas, quoi de mieux qu'un titre comme Etrange tourbillon pour mériter sa place sur Golga in a Swirl ?

D'entrée de jeu, drth pose l'album dans un climat - constant dans tout le disque - de virtuosité électrique et débridée. Le Docteur Knock de Jules Romains est bien présent, avec son côté expérimental, mais aussi loufoque et outrancier. Il fallait oser ! Mélanger une guitare électrique à l'expressivité noisy à la Marc Ducret avec une batterie aux affinités hardos (Sans relâche, jamais tranquille Part I), et des cuivres tonitruants que ne renieraient pas Fishbone et leur métal/funk (Sans relâche Part II). De manière générale, les musiciens se course-poursuitent de manière très cinématographique (Bullitt !!!) et se poussent mutuellement à tous les excès et toutes les audaces (l'intro de Guernica).

On trouvera des tas de clins d'oeil, intentionnels ou peut-être pas (Mr Tom et ses montées de cuivres-adrénaline comme dans un vieux film à suspense, par exemple), et c'est aussi une particularité de ce disque, qui pour se décrypter force l'auditeur à se projeter sans retenue, et lui présente en quelque sorte un miroir pour se contempler. Ce qui correspond tout à fait à ce qu'Oscar Wilde écrivait dans sa préface au Portrait de Dorian Gray : "all art is at once surface and symbol. Those who go beneath the surface do so at their peril." (hum, hum...) Difficile en effet de décrire ce disque autrement que part les images qu'il va pouvoir évoquer chez chacun.

A titre d'exemple, je vois bien Stravin Sky or Pizst se déroulant dans une ménagerie de cirque, entre chimpanzés neurasthéniques et onanistes compulsifs, et volatiles fébriles et plaintifs. Toute cette arche de Noé un peu moisie s'ennuie ferme, jusqu'à ce que le gardien sadique se mette à frapper contre les barreaux des cages. Un vieux tigre pelé et vaguement arthritique sort alors de sa torpeur, et réveille ses camarades qui se mettent à hurler, crier, gratter des griffes sur le sol en ciment, en tirant des langues gonflées et en roulant des yeux fous et injectés de sang. Le cirque se met alors en branle, rythmé par une fanfare désarticulée et franchement déglingos. Puis tout s'accélère, et on voit un John Coltrane complètement à côté de ses pompes de géant, en plein trip éthylique, parcourant l'Europe de l'est à fond la caisse à bord d'un Blue Train au bord du déraillement et dont on entend les pistons, funèbres et menaçants à vous glacer le sang, l'estomac à deux doigts de crier grâce... Finalement, le train entre en gare de Cintré-les-Deux-Neurones et ralentit sa course. Dans les cages, on ne sait plus qui a des plumes, qui a des poils. Le croco a des ailes et... les poules ont des dents !!!

Au final, c'est un disque exigeant et turbulent - épuisant, même ! : on est toujours en alerte, et quand Mr Tom devient romantique à la trompette devant une petite comptine au piano électrique, on en reste pas moins méfiant, aux aguets, sans relâche, jamais tranquille. Mais c'est aussi un disque très gratifiant - complètement barré, OK, mais pourtant parfaitement maîtrisé - et il serait vraiment dommage de ne pas jouer le jeu. Un disque franchement freudien, en fait. C'est grave, docteur... Knock ?

Ce sera un 6/6 parce que c'est un très bon disque, mais aussi parce qu'on ne juge pas les fous...
A regretter quand même le son des cymbales (qui seront à changer impérativement sitôt l'album enregistré !), vraiment trop scintillant à mon goût.

PS : mea culpa pour la pause imposée dans nos critiques, conséquence directe d'un surmenage inhumain d'ordre professionnel, mais Docteur Knock est passé par là, et Golga va reprendre de plus belle, soyez-en sûrs !

dimanche 9 mai 2010

PENTANGLE - CRUEL SISTER














Pentangle - Lord Franklin

Pentangle - Cruel Sister, Transatlantic, 1970

LE GROUPE :

Jacqui McShee - Voix
Bert Jansch - Guitare, dulcimer, voix
John Renbourn - Guitare, sitar, voix
Danny Thomson - Contrebasse
Terry Cox - Batterie, tambourine, dulcitone, triangle, et autres percussions

LA CRITIQUE DE MONSIEUR O.

Pentangle, fondé en 1967 en Angleterre, rassemble d'excellents instrumentistes aux inspirations variées (folk, musique médiévale, blues, jazz, musique indienne, etc.). Bien que le groupe se soit cantonné à une interprétation strictement acoustique jusqu'alors, Cruel Sister, leur quatrième album, ne dédaigne pas d'utiliser la fée électricité pour notre plus grand enchantement, comme leurs contemporains de Fairport Convention. L'ensemble garde tout de même ce son acoustique comme parfum dominant, dans la droite ligne de ce qu'on a pu appeler "folk baroque". Dans sa configuration originale, Pentangle s'est dissout en 1973, après leur sixième opus Solomon's Seal ; le groupe a tout de même perduré au-delà de cette rupture, et leur dernier disque en date, Feoffee's Land, date de 2005, avec Jacqui McShee en unique rescapée de l'épopée. Bien qu'ils aient atteint une bonne popularité avec Basket of Light (Transatlantic, 1969), Cruel Sister, un de leurs meilleurs albums - mais je ne connais que les disques d'avant le split - a été un désastre commercial. On n'y trouve que des reprises d'airs traditionnels arrangés par le groupe. Les paroles y jouent un rôle prépondérant, car elles racontent à chaque fois une histoire, comme c'était souvent le cas autrefois.

FACE A
A1. A Maid That's Deep in Love
A2. When I Was in My Prime
A3. Lord Franklin
A4. Cruel Sister
FACE B
B1. Jack Orion

A Maid That's Deep in Love conte l'histoire d'une jeune fille qui pour suivre l'élu de son coeur aux Amériques se déguise en homme et s'embarque sur un navire. A bord, le capitaine tombe fou amoureux de lui/elle. Un peu ambigu et troublant, tout ça... Les guitares des deux compères Jansch et Renbourn se marient au poil, et la voix de McShee est superbe avec son vibrato et ses envolées légères et ouvragées comme des enluminures médiévales. La guitare électrique de Renbourn, légèrement distordue, déroule son propre récit parallèle tout au long du morceau. (******)

When I Was in My Prime nous prouve l'importance donnée par le groupe aux paroles, car il s'agit d'un morceau interprété uniquement a capella par McShee. Pendant près de trois minutes, elle se lamente sur une déception amoureuse, et repousse les avances de ce relou de jardinier qui lui apporte fleur après fleur avec, on s'en doute, des ambitions peu honorables pour la belle. Le choix de la voix seule est une bonne idée, et sert les paroles en évoquant le dépouillement des sentiments de la narratrice, et la solitude qu'elle éprouve. Une belle performance dont McShee s'acquitte avec une sobriété louable qui est un gage de l'honnêteté et de la force d'un récit à prendre au premier degré, tout simplement. (******)

Lord Franklin est une ballade sur le thème traditionnel du drame maritime. Chantée par John Renbourn, la narration semble pourtant être le fait d'une femme éprise de Franklin et qui pleure la disparition du même, apprend-on, dans les glaces arctiques en recherchant le passage du nord-ouest avec son équipage. La voix est douce et confidentielle, et le concertina (une sorte de bandonéon) joué par Jansch est d'une tristesse touchante et suffit par son son à évoquer une complainte de marin. Quand Jacqui McShee se lance dans un contre-chant, c'est une sirène qui sort des eaux glacées pour psalmodier sa douleur. Le solo de guitare électrique mime à la perfection un violon. A pleurer ! (******)

Cruel Sister (******) est, comme son nom le laisse supposer, l'histoire d'une jeune fille fratricide qui précipite sa soeur du haut d'une falaise. La victime reviendra sous une autre forme pour reprocher à la meurtrière son forfait. Jacqui McShee fait là encore des miracles et est soutenue avec bonheur aux choeurs par Renbourn. Terry Cox est subtil et merveilleux au dulcitone, le sitar n'est ni gadgetisé, ni irritant, et souligne par ses intonations le mysticisme et le côté tordu de l'histoire. Trop fort ! Une autre ! Une autre ! Une autre !

Jack Orion est le meilleur violoniste que la terre ait jamais porté. La fille du roi en tombe éperdument amoureuse, mais une sombre machination ourdie par Tom le page (un individu peu recommandable de toute évidence) met en pièces une si belle idylle et l'histoire se termine avec trois morts au compteur. La chanson, chantée alternativement par Jansch et Jacqui McShee, occupe toute la face B du disque, et Pentangle s'en donne à coeur joie : canons vocaux, roulements de batterie, breaks, flûtiau, etc. Au moment où le vil Tom (quel sombre fumier, celui-là ! je n'en reviens toujours pas !) se prépare à son mauvais tour, le rythme change, Thomson se met à l'archet, et l'ambiance devient vraiment plus noire, voire mortuaire, une fois l'irréparable commis. Puis, avant de nous dévoiler le fin mot de l'histoire, Terry Cox se lance avec une délectation tangible dans un long solo au dulcitone, sur lequel enchérit Renbourn à la guitare électrique, d'abord dans un style bluesy/jazzy, puis carrément sous disto cradingue. Le chant reprend, et la fin, dramatique à souhait mais que je dévoilerai pas ici, n'insistez pas, vaut son pesant de cacahuètes grillées à sec. Ce morceau a déjà été joué par Jansch/Renbourn à l'époque où ils sévissaient encore en duo sur l'album... Jack Orion (Transatlantic, 1966), et a été joué également par Fairport Convention dans Tipplers' Tales (Vertigo, 1978). ******

CONCLUSION :

Oyez ! Oyez ! Comment résister à ce merveilleux album, qui allie intelligence de jeu et d'arrangements, et rivalise de bon goût dans l'interprétation ? L'ensemble est homogène sans être lassant, et au contraire d'autres albums du groupe, ne se lance pas dans des expérimentations musicales un peu douteuses. Un must-have qui vaut 6/6, et celui qui dira le contraire finira comme Tom, l'infâme page de Jack Orion.

A écouter aussi :

Pentangle - The Pentangle, Transatlantic, 1968
Pentangle - Sweet Child, Transatlantic, 1968
Pentangle - Basket of Light, Transatlantic, 1969
Pentangle - Reflection, Transatlantic, 1971
Pentangle - Solomon's Seal, Transatlantic, 1792
John Renbourn - Faro Annie, Transatlantic, 1971
Fairport Convention - Liege and Lief, Island, 1969
Fairport Convention - Fairport Live Convention, Island, 1974
Fotheringay - S/T, Island, 1970

LA CRITIQUE TANT ATTENDUE DE MR.V

A Maid That's Deep in Love (******) oh que de souvenirs! ce morceau d'une grande douceur ravira sans difficulté tous les petits coeurs de babas.
Des entrelacs de guitares électrique de Renbourn et acoustique de Jansch ,une des plus magnifiques voix que le folk est connue ,une rythmique soutenue et efficace an triangle ,une contrebasse de rêve : bref ,encore un morceau hautement recommandé.

When I Was in My Prime (******) seule et superbe ,sans artifice (quant Jacqui prend sa douche! sans déconner , tout le monde écoute à la porte c'est certain!)

Lord Franklin (*****) titre chanté par l'ami John avec un beau solo guitare quasi psyché .

Cruel Sister (******) classique des classique ,un titre immortel .

Jack Orion (******) que dire , c'est indispensable voilà tout! en plus je crois que sur toute la discographie de John Renbourn c'est le seul morceau avec un solo disto alors rien que pour ça courez acheter ce monument de  folk music.

CONCLUSION

C'est un immence 6/6 et celui qui dira le contraire devra bouffer les babouches de Mr.O!

A ECOUTER AUSSI

Traffic - John Barleycorn must die (island 1970)
John Renbourn group - a maid in bedlam (transatlantic 1977)
John Renbourn - the lady & the unicorn ( transatlantic 1970)
Trees - the garden of Jane Delawney (CBS 1970)
Lisa O Piu - when this was the future (subliminal sounds 2008)


samedi 8 mai 2010

NATALIE MERCHANT - THE HOUSE CARPENTER'S DAUGHTER















Natalie Merchant - Poor Wayfaring Stranger
Natalie Merchant - the house Carpenter's daughter (myth america records 2003)


(Née en 1963 à New-York)

ZICOS

Natalie Merchant (voix)
Erik Della Penna (guitare ,lap steel)
Graham Maby (basse)
Richie Stearns (banjo)
Judy Hyman (violon)
Elizabeth Steen (piano ,orgue et accordéon)
Allison Miller (batterie)
The Menfolk (choeur)

CRITIQUE DE MR.V

Comme l'extension du titre l'indique il s'agit d'une "collection of traditional & contemporary folk music".
On est très loin du rock des années 80 avec son groupe "10 000 maniacs" ici l' ambiance est plus ...champêtre; et de sa jolie voix grave Natalie pousse les portes battantes du saloon , le groupe d'orpailleurs Irlandais poussiéreux sont là dans l'fond ,près à en découdre avec la belle!
Le livret est fourni comme il faut et explique brièvement le thème de chaque chanson et les impressions de l'artiste qui nous intéresse.
C'est son 5eme album solo et son meilleur à mon goût.

Sally ann (*****) Voici une reprise du groupe Horseflies , une jolie ballade.
Wiich side are you on? (*****) un beau morceau contant l'histoire d'un mineur
Crazy man Michael (******) une reprise de Fairport convention (Liege lief 1969) ,une réussite qui dépasse l'originale!
Diver boy (******) fantastique morceau , une belle histoire dramatique soutenue par une bonne musique entêtante.
Weeping pilgrim (*****) petite jolie ballade agréable.
Soldier,soldier (****) le titre sonne un peu plus rock , comme dans un film de Rodriguez.
Bury me under the weeping willow (*****) retour au saloon avec ce titre de la Carter Family
House carpenter (******) morceau de Annie Watson (la maman du vieux Doc!)
Owensboro (*****) super ballade trad.
Down on Pemmy's farm (*****) morceau joyeux et dansant , attention on change de partenaire!
Poor wayfaring stranger (******) une des plus belles reprises de ce fantastique morceau ( avec celle de Papa M sur l'album "Whatever mortal" drag city 2001)

CONCLUSION

C'est un bon 6/6 bien évidement.

A ECOUTER AUSSI

-Papa M - whatever mortal (drag city 2001) un album magnifique et indispensable! le meilleur de l'année 2001!
-Natalie Merchant - motherland (electra 2001)
-Jerry Garcia & David Grisman - shady grove (acoustic disc 1996)


LA CRITIQUE DE MONSIEUR O.

Ah, Golga, mon frère et ami, te revoilà enfin, dans une veine assez folk (voir aussi la prochaine critique), avec Natalie Merchant - ex-10,000 Maniacs. Un album qui devrait fleurer bon le Sud, les sycomores et le poisson-chat. Cela vaut bien de prendre son temps et de décortiquer The House Carpenter's Daughter morceau par morceau. J'aime, un peu, beaucoup...

Sally Ann s'ouvre comme un morceau de country/ballade irlandaise dramatique, à grands renforts de violons gémissants sur un tempo assez pesant. On imagine sans peine un rade de Dublin avant la fermeture, alors que la moitié des habitués, avachis sur leur table, cuvent déjà leur whisky frelaté ou s'absorbent dans la contemplation hébétée du fond de leur verre, tandis que quelques téméraires esquissent un vague pas de danse hésitant et vite avorté. On ne rit pas avec cette ballade dépressive, qu'une steel plaintive parvient à assombrir encore s'il en était besoin. Entre deux couplets à se pendre, notre bande de crincrins braillards remet le couvert avec une fausse joie qui crève le coeur. Voilà une façon osée de débuter un album... (*****)

Le début de Which Side Are You On est un bon exemple d'Americana moderne, avec guitare et banjo sombres et songeurs, comme on en trouvera des tonnes chez Matt Bauer, par exemple. L'intérêt de cette compo, dont la mélodie ne justifie absolument pas qu'on se mette en tête d'amputer un canard de trois de ses membres inférieurs, est l'évolution dans l'intensité de l'interprétation, avec des instruments qui entrent et sortent, et une voix qui se muscle ou se relâche au fil de l'histoire. (****)

La belle Natalie enchaîne avec une version de Crazy Man Michael plus lente que l'interprétation de Fairport Convention, et moins celtique. Le violon est décidément toujours le bienvenu sur ce disque, en apportant un vrai lyrisme et beaucoup de couleurs à une interprétation qui pourrait assez souvent paraître sèche. En effet, Merchant possède une très belle voix, mais qui peine à rivaliser avec Sandy Denny en terme d'émotion. (*****)

Diver Boy. Un morceau un assez oppressant soutenu par une sorte de bourdon au violon. La mélodie est tout ce qui a de plus classique dans le rayon folk/trad, mais la guitare tour à tour jazzy et dissonante (ce qui n'est d'ailleurs pas du tout incompatible comme chacun sait) apporte un vrai supplément d'âme, et sort la chanson du lot. (******)

Weeping Pilgrim est une ballade de facture classique, touchante et dépouillée. Un banjo grêle, une guitare sèche, une voix lead et des choeurs feutrés suffisent amplement à mettre en scène cette histoire de quête aux accents bibliques. Là encore, Judy Hyman ravit avec son violon soyeux. Le Gospel n'est pas loin, la larmichette non plus. (******)

Soldier, Soldier. Un blues shuffle appuyé par une guitare disto qui vaut pour son côté entêtant. Un peu plan-plan quand même, et le choeur masculin ne met pas en valeur la voix de Merchant, qui semble alors bien criarde. Pas désagréable, mais un peu vain. (***)

Bury Me Under the Weeping Willow sent un peu l'exercice de style : c'est un morceau de bluegrass typique, qui développe toutes les caractéristiques du genre, du picking de banjo aux choeurs, sans oublier le plan de fin. Comme souvent dans ce type de chanson, et je n'ai jamais vraiment compris pourquoi, l'atmosphère est bien joyeuse et dansante au vu du titre. Même si l'ensemble ne brille pas particulièrement, l'essai est réussi... (*****)

House Carpenter. Le banjo, à l'honneur sur ce morceau, y révèle son extraordinaire potentiel mélancolique. L'intensité monte de manière naturelle au cours de la chanson, et le violon trouve sa place habituelle avec brio. Un bon morceau, bien que la voix de Merchant se montre parfois un peu irritante, car trop acide. (*****)

Owensboro est une ballade country assez jolie, bien qu'un peu FM et limite-beauf US, sur laquelle on pourra emballer la grosse Linda sur la piste de danse d'un bar miteux du Midwest, un samedi soir désenchanté et éthylique. Par contre, les paroles sont complètement connes : en caricaturant de manière assez indigente et lamentable la vie dans un bled du Sud, Merchant fait franchement douter de l'honnêteté de ses intentions et crée comme un malaise. (****)

Down on Penny's Farm. Un morceau trad bien enlevé et exécuté dans les formes, avec un finish banjo/violon assez héroïque et contagieux. (******)

Poor Wayfaring Stranger (******). Un air traditionnel qui rappelle les "hobo songs" et nous emmène sur les routes poussiéreuses, un baluchon sur l'épaule. Les paroles développent les thèmes de révélation personnelle, de rédemption et de confiance absolue en Dieu caractéristiques des chants religieux des esclaves noirs tels que les décrivent Allen, Ware et Garrison dans Slave Songs of the United States (New York: A Simpson & Co., 1867).

CONCLUSION:

Un bon album de folk/trad qui se présente malgré tout un peu trop comme un catalogue de styles "à l'ancienne" - avec un peu de blues, un peu de bluegrass, un peu de Old Time, un peu de celtique - pour être tout à fait honnête, impression renforcée par un léger manque de sueur et de cambouis. Du bouseux "bio", en quelque sorte... De plus, si les musiciens brillent par leur sobriété et la pertinence de leurs interventions, Natalie Merchant manque parfois de conviction dans son interprétation, ce qui rend certains passages assez plats et un peu énervants. C'est quand même un disque bien ficelé qui emportera sur les routes ses 5/6 bien au chaud dans sa musette.





mercredi 21 avril 2010

nouveau p'tit jeu!

le jeu s'appel : le grand classement subjectif!

Pour chaque année de 1960 à aujourd'hui et pour chaque style : notre classement des meilleurs albums (même si il n'y a qu'un bon morceau dans l'album si le morceau est bon c'est bon!), sans rentrer dans les détails en se limitant à une centaine pour chaque style (même si pour le rap ,le reggae et la techno je ne serais prétendre aller jusqu'à 100 ,faute de connaissances en la matière!)

Si on ne connaît rien de l'année 1985 et bien on passe son chemin ,ou on creuse un peut (beaucoup).

Le but étant de donner envie aux lecteurs ,d'attiser leur curiosité sans aucune prétention.

Les styles proposés sont donc 

Jazz
Blues
Psych
Folk
Prog
pop/rock
Afrobeat
B.O
Funk
Latin
Electro
chanson Française (c'est un style ça?bon on s'en fiche)
Inclassables

Mr.O si tu es partant et que tu désire en rajouter ,ne te gènes pas! Je suppose que tu es déjà mort de rire!

pour ce premier opus je propose l' année 1974!T'es ok mon pote?J'attends ton top départ.

mardi 20 avril 2010

Si je puis me permettre...

... d'annoncer déjà ma prochaine critique (je suis en avance, je sais...)
Ce sera donc :














Pentangle - Cruel Sister, Transatlantic, 1970

mercredi 14 avril 2010

THE GARY BURTON QUARTET - DUSTER














The Gary Burton Quartet - Portsmouth Figurations

The Gary Burton Quartet, Duster, RCA Victor, 1967

Le groupe:
Gary Burton (né en 1943 à Anderson, Indiana) - Vibraphone
Larry Coryell - Guitare
Steve Swallow - Contrebasse
Roy Haynes - Batterie

Enregistré au RCA Victor's Studio B, New York, du 18 au 20 avril 1967

FACE A
A1. Ballet (Gibbs) 4:55
A2. Sweet Rain (Gibbs) 4:23
A3. Portsmouth Figurations (Swallow) 2:56
A4. General Mojo's Well Laid Plan (Swallow) 4:57
FACE B
B1. One, Two, 1-2-3-4 (Coryell - Burton) 5:55
B2. Sing Me Softly of the Blues (Bley) 4:02
B3. Liturgy (Gibbs) 3:24
B4. Response (Burton) 2:10

LA CRITIQUE DE MONSIEUR O.

Bon. Le côté novateur de cet album a été suffisamment décrit ailleurs pour qu'on ait besoin de s'étendre sur le sujet ici. Un bref rappel tout de même pour mettre un peu tout cela en perspective : Miles Davis - proclamé "inventeur" du jazz-fusion - devait attendre encore trois ans avec la sortie fracassante de Bitches Brew quand nos quatre jeunes loups (29 ans de moyenne d'âge, 25 sans le "vétéran" Roy Haynes !) décident de révolutionner une énième fois le jazz en lousdé, l'air de rien, ni-vu-ni-connu-j't'embrouille (la pochette - superbe - était-elle malgré tout conçue comme une métaphore ?). Ceci dit, la particularité de cet album est que le vent qui y souffle n'est pas celui du funk (genre auquel est souvent tacitement associée la fusion), mais plutôt une bonne brise bien rock. Une manière de jazz blanc, en caricaturant beaucoup, loin des chorus sans fin qui font le fond de commerce ordinaire des jazzmen extraordinaires (et des autres, malheureusement!). D'ailleurs, le disque n'atteint pas 35 minutes pour 8 morceaux !

On retrouve cette influence, notamment sur les convulsions arythmiques des thèmes de Ballet et One, Two... L'énergie déstructurée de One, Two... (et avec quelques larsens en prime, s'il vous plaît !) est d'ailleurs particulièrement emblématique et signe en quelque sorte l'acte de naissance de cette nouvelle donne musicale.
A ce titre, l'apport de Larry Coryell est essentiel, avec un jeu d'une versatilité remarquable . Alors que celui-ci est assez fortement tourné vers le blues, voire le rhythm'n'blues sur Ballet, Sing me Softly... et General Mojo (il sonne même parfois presque "Nashville" sur ce dernier !), sur Sweet Rain, on lui trouvera en revanche peut-être un penchant pour les accents d'une infinie tristesse propres à Django Reinhardt (il participera a plusieurs hommages par la suite, notamment avec Grappelli himself).
Le style en cascade, hyperactif, inventif et au goût assez sûr du jeune Gary Burton est déjà bien affirmé, et si le vibraphone, instrument vorace par nature, a tendance a tirer la couverture à lui, il n'en abuse pas, ce qui est tout à son honneur.
Steve Swallow, qui se montre déjà à son avantage dans la composition à tendance humoristique (General Mojo...) n'avait pas encore trouvé sa future voie/voix électrique, et sévit ici à la contrebasse. Nous n'avons pas encore le droit à ses chorus aux mélodies incandescentes, mais on trouve déjà bien les embryons de ces phrasés bondissants, avec sa diction saccadée et sa précision si caractéristiques qui feront de lui un des meilleurs bassistes de tous les temps, amen.
Roy Haynes démontre sa grande classe (formidable solo sur Portsmouth !), tout en restant d'une discrétion... discrète (?!!?), malgré son pedigree (Monk, Sonny Rollins, Eric Dolphy, Stan Getz, Coltrane, Chick Corea, Kenny Barron, etc., excusez du peu...)

CONCLUSION

6/6. Duster a l'énergie et le génie de la jeunesse, et tape dans toutes les directions pour mon plus grand plaisir, en faisant mouche presque à tous les coups. Ce qui est remarquable tout de même ici, outre l'intense créativité (on oubliera que le thème de Liturgy fait quand même pas mal penser à I Fall in Love Too Easily de Cahn & Styne), la performance instrumentale individuelle indéniable et le jeu de groupe, est que l'interprétation fait toujours la part belle à l'émotion. Une belle leçon de maturité pour un genre qui apprenait alors tout juste à parler ! C'est aussi un disque qui d'une certaine manière scelle la grande complicité d'une bande qui se retrouvera de nombreuses fois par la suite (Carla Bley apporte d'ailleurs déjà sa touche - mauvais de jeu de mots - avec Sing Me Softly of the Blues : comme quoi, on peut s'appeler Carla et être une vraie musicienne...)

1. Ballet (*****)
2. Sweet Rain (******)
3. Portsmouth Figurations (******)
4. General Mojo's Well Laid Plan (******)
5. One, Two, 1-2-3-4 (****)
6. Sing Me Softly of the Blues (******)
7. Liturgy (*****)
8. Response (******)

A écouter également :

The Gary Burton Quartet - Lofty Fake Anagram, RCA, 1967
The Gary Burton Quartet - A Genuine Tong Funeral, RCA, 1968 - Merci pour le cadeau, M. V.
Carla Bley & Paul Haines - Escalator Over the Hill, ECM, 1971
Burton/Metheny/Swallow/Sanchez - Quartet Live, Concord Jazz, 2009 - un disque divin avec un Pat Metheny diabolique ! A posséder ab-so-lu-ment !


CRITIQUE DE MR.V

Un quartet de rêve avec la douceur de Gary Burton ,la folie de Larry Corryell ,l'intelligence de Steve Swallow et la précision de Roy Haynes.

Ballet (****) un jazz blues bien classe.

Sweet Rain (*****) beau morceau fait de velour. 

Portsmouth Figurations (******) avec une gamme à l'endroit et une gamme à l'envers nous voilà avec un bien beau tricot!

General Mojo's Well Laid Plan (*****) marrant, avec ce 1/3 final à la gratte sèche ,un peu hésitante sur le solo de contrebasse.

One, Two, 1-2-3-4 (******) diabotien de Gary , petit fourbe de Larry , galopin de Steve , gredin de Roy !!!

Sing Me Softly of the Blues (******) titre en parfaite adéquation avec son titre.

Liturgy (****) sautillant.

Response (******) un beau morceau à écouter pluie tombante dans son canapé avec le bouquin qu'on aime à relire.

CONCLUSION 

C'est un 5/6 pour ce chouette album 

A ECOUTER

Gary Butron - throb (atlantic 1969)
Stark reality - discorvers Hoagy Carmichael's music shop (AJP 1970)

Bulletin météo

Pour les jours qui viennent, Monsieur O. prévoit :














The Gary Burton Quartet - Duster, RCA Victor, 1967

The House Carpenter's Daughter

Pour MR.V ce sera la douce Natalie Merchant - the house Carpenter's daughter (myth america records 2003)